
║ Herpétologue… oui mais encore ?
En claquant la porte de ma voiture, mon cœur commence à battre de plus en plus fort. Je ne peux pas m’empêcher de paniquer un petit peu, en pensant à ce qui va m’attendre dans quelques instants.
De loin, j’aperçois un grand portail en ferraille, noir laqué, décoré de deux jolies silhouettes de crocodiles. Une lourde chaîne retient ses portes. « Ne soyez pas timide, enlevez la chaîne et entrez », m’invite une voix d’homme, venant du jardin. Elle appartient à Philippe Gillet, herpétologue et âgée d’une soixantaine d’années. Jeans, t-shirt noir, peau bronzée, grand sourire. Il m’emmène dans le jardin de sa maison à Couëron, où je fais de suite connaissance avec un cyclura (une sorte d’iguane en voie de disparition) qui mâchouille tranquillement une banane.
Puis, Philippe me fait visiter son univers qu’il partage avec près de 600 amphibiens et reptiles. Certains ont été maltraités, c’est un peu la maison de la seconde chance ici pour eux. Ça bouge dans chaque coin de la maison, ici où cohabitent des alligators, des lézards, des serpents, des tortues, des mygales, des lapins (oui, aussi !), des crapauds… La liste est longue et très exotique, et encore je risque d’en oublier. Philippe les aime, ses animaux, depuis qu’il a passé 30 ans en Afrique. Pourquoi ? « J’aime tout ce qui est différent. Il est important d’accepter les différences de la nature et de comprendre ce qui nous entoure », m’explique-t-il.
La différence, elle peut faire peur, mais je découvre qu’elle peut, aussi, être sublime. Je m’en rends compte lorsque je glisse ma main tout doucement sur la peau nacrée d’un serpent. Chacun de ses mouvements semble réfléchi et gracieux, et loin d’être menaçant. La peau d’un crapaud n’a d’ailleurs rien de dégueulasse dégoûtant, bien au contraire, elle ressemble plutôt à du velours.
C’est dans le salon de Philippe que se termine cette petite visite dépaysante. Je tombe sur ses deux préférés, « Alli » et « Gator ». Pendant que l’un est en train de faire une sieste à l’intérieur, l’autre prend un bain de soleil sur la terrasse. La porte d’entrée est grande ouverte. « Ils pourraient aller se balader dans le jardin, ils sont libres. Mais ils préfèrent rester ici, c’est leur territoire », précise Philippe. D’abord impressionnée par la présence de ces deux alligators – chacun mesure plus de deux mètres – j’ose un premier rapprochement pour passer ma main sur les plaques osseuses de Gator, dures comme des roches, avant de continuer vers ses flancs, où la peau est chaude, douce et vraiment agréable à toucher. Comme quoi, qui se frotte à l’alligator, ne s’y pique pas forcément…
Et vous, oserez-vous passer la porte de Philippe ?
║ Comment prendre contact avec Alli & Gator ?
Pour avoir plus d’informations sur Philippe et son association Inf’Faune, consultez son site web.


